"La fable, pour Julie Faure-Brac, sous forme de ses courtes pièces vidéo, de ses dessins ou ses installations, s’inscrit ainsi en faux contre le système réaliste de l’art. Ce réalisme construit une esthétique, qui "imite" le monde et l’offre de cette façon au jugement, qui peut alors glisser progressivement sur le terrain de la morale"...

..."Plutôt que d’un témoignage, Julie Faure-Brac prenant congé de soi-même, manie la tradition littéraire d’un érotisme hétérosexuel peu traité aujourd’hui, où l’on débat plutôt de l’identité – du "genre" – des êtres sexués et moins de leurs rapports. Et surtout pas de leur métamorphose, lieu des transmutations de matières en images"...

Elisabeth Lebovici, extrait du texte : "autour de julie", pour l'exposition Jeunisme II au Frac Champagne-Ardenne Fév. 2005


  Deux mondes. Deux espaces séparés par une vitre-écran de projection mentale des fantasmes. Deux Humanimaux, mi-homme, mi-sanglier, sortes de chamans, de semi dieux, s’imposent derrière la vitre. Un mâle fait face aux passants ; une femelle détourne le regard vers la rue, vers le monde des Hommes. Ils se tiennent dans un espace blanc, vide, où tout est à imaginer, à fantasmer. Ils sont sans pudeur ; ils imposent leur nudité au passant métamorphosé malgré lui en spectateur voyeur.

" Mate moi". Qui mate qui ? Les interlocuteurs de cette exclamation aguicheuse sont inconnus. C’est à chacun de déterminer qui veut mater ou qui veut être maté, dans tous les sens du terme…

Cette installation in situ fait écho à la pièce montrée au FRAC de Reims en ce moment qui s’intitule Le lac des morts. Les Humanimaux y sont aussi présents ; ils errent et baignent dans un lac de lait, formé par les hommes tués lors de violences (comme les deux silhouettes au centre de l’espace) et qui se sont liquéfiés. Le lac de lait offre l’immortalité aux Humanimaux.

Julie Faure-Brac

www.juliefaurebrac.com